Il existe de nombreuses espèces de phytoplancton, dont certaines ont la capacité de produire des toxines qui peuvent être nocives pour l'environnement aquatique ou l'homme consommateur de coquillages. Depuis plusieurs années le réseau REPHY surveille les micro-algues siliceuses (diatomées) du genre Pseudo-Nitzschia, dont certaines espèces peuvent produire de l'acide domoïque. Il s’agit d’une toxine qui est responsable, chez les consommateurs de coquillages contaminés, du syndrome ASP (Amnesic Shellfish Poisoning) caractérisé par des dérèglements neurologiques qui vont de la perte de mémoire, jusqu'au coma voir même la mort. De nombreuses études (Pan et al , 1996 ; Fehling et al 2004 ; Davidson et al 2006) ont montré que la toxicité de Pseudo-Nitzschia est liée, entre autres, à une carence en silicium du milieu par rapport à l’azote (un rapport N/Si très fort). Inspiré du modèle de Davidson et al (2006), notre modèle simule la croissance des populations du genre Pseudo-Nitzschia et leur risque de toxicité, fondé sur l'hypothèse que l'algue devient toxique lorsque son milieu interne présente un rapport N/Si fort.
La figure ci-dessus présente une compilation des mesures de la concentration en acide domoïque dans les coquillages réalisées par le REPHY depuis 2000. On remarque que l'ouest et le sud de la Bretagne sont les plus touchés. Lorsque la concentration dépasse 20 µg d'acide domoïque par g de chair, l'échantillon est considéré comme toxique.
Les deux graphiques suivants montrent les résultats du modèle : sur les années 2000 à 2003, la moyenne et le percentile 90 des concentrations en acide domoïque dans la couche d’eau de surface. Quantitativement il n'est pas possible de comparer les deux informations, le REPHY ne faisant que des mesures dans les coquillages et le modèle ne simulant qu’une concentration dans l'eau. Le modèle, comme les mesures du REPHY, montrent toutefois que la Baie de Douarnenez et le sud de la Bretagne sont les plus touchés. En l’état actuel des connaissances, les variables Pseudo-Nitzschia et acide domoïque doivent donc être considérées comme exploratoires et destinées à tenter d’évaluer dans le temps et l’espace les risques de contamination des coquillages par la toxine. Pour le moment, les résultats sont donc présentés sous forme de risque, arbitrairement considéré comme étant de 100% quand la teneur simulée d’acide domoïque dans la colonne d’eau atteint 100 µg/L.
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