Bulletin d'informations de PREVIMER - Janvier Février 2010 - N° 12
 
BULLETIN D’INFORMATIONS DE PREVIMER - JANVIER-FEVRIER 2010 - N° 12
  janvier février 2010 n°12
Bulletin PREVIMER
Sommaire

Météo et débits des fleuves

Caractéristiques des  masses d'eau côtières

Production biologique

Rappel des objectifs du bulletin PREVIMER

Les moyens d’observations et de prévisions de l'état des mers côtières

Glossaire

 
JANVIER-FEVRIER 2010 EN BREF

Mois hivernaux froids et agités
avant le passage de la tempête Xynthia le28 février

Eaux plus froides en janvier et février
Les anomalies de température atteignent 2° le long des côtes


Eaux de surface plus salées en février
que la normale dans le Sud de la Bretagne en raison de débits plus faibles
Augmentation de la turbidité
de façon habituelle sous l’action des vagues générées par les tempêtes

L'IMAGE

Prototype de sonde de turbidité pour le réseau de mesure RECOPESCA. Ces sondes seront opérationnelles fin 2010.
   
TOUTE L’INFO SUR WWW.PREVIMER.ORG
  

Observations et prévisions côtières

Courants

Températures et salinité

Vagues

Niveaux de la mer

Production primaire

Météo et débits des fleuves

Météo

Carte méteo menseulle

Roses des vents en Manche, mer d'Iroise, sud Bretagne et sud Gascogne pour le mois de janvier 2010

  Carte méteo climato

Légende roses des vents : les roses des vents synthétisent les régimes de provenance des vents sur une période (vitesse moyenne du vent sur 10 minutes). Les vents modérés sont indiqués par la couleur bleue (10 à 20 nœuds), les vents soutenus par la couleur verte (20 à 30 nœuds), les vents forts par la couleur orange (supérieurs à 30 nœuds). Les pourcentages de vents observés par direction sont proportionnels à la longueur des segments. La fréquence des vents faibles (inférieurs à 10 nœuds) figure dans le rond blanc au centre des roses. Sur la carte grand format figurent les roses des vents observées sur la période de référence. Sur la petite carte, nous indiquons les roses des vents moyennes à cette période de l’année à titre de comparaison.

Janvier 2010 : mois hivernal

Après la relative douceur observée fin décembre, l’hiver reprend ses droits rapidement en amorçant une baisse sensible des températures par le nord dès le début du mois. Les dépressions atlantiques sont bloquées sur l’océan ou circulent à des latitudes assez basses jusqu’au 11. Le vent vient essentiellement des secteurs nord à est. Il souffle parfois jusqu’au grand frais en Manche et sur le littoral breton le 3 puis du 6 au 8, et atteint le coup de vent le 9. Quelques chutes de neige sont observées ici où là à partir du 5, même en bordure littorale. Une perturbation atlantique aborde la pointe de Bretagne le 12 apportant de nouvelles chutes de neige ou des pluies verglaçantes sur des sols encore très froids. Le vent de sud souffle en grand frais en Manche et Atlantique. Il atteint le coup de vent à la pointe Bretagne, des rafales à 120 km/h sont mesurées à Ouessant.
Le redoux se produit dans la journée du 13, avec le retour de la circulation atlantique. Le 14 une dépression circule sur le sud du golfe de Gascogne et donne de fortes pluies et un fort coup de vent sur les côtes basques (le pluviomètre recueille 32 mm de précipitations à Biarritz et des rafales à 115 km/h sont mesurées à la pointe de Socoa).
Les perturbations atlantiques se suivent ensuite jusqu’au 24, alternant passages pluvieux de saison et éclaircies. La douceur est de mise. Du 19 au 21 le vent souffle en grand frais à la pointe de Bretagne et en entrée de Manche.
Le temps change de nouveau à compter du 25 avec des températures en baisse sensible par le nord. Les températures minimales sont souvent négatives surtout près du littoral atlantique. Le littoral basque est de nouveau bien arrosé. Le vent de Nord à Nord-ouest souffle en grand frais ou en coup de vent en Manche et en Atlantique le 29.
Sur les côtes, les pluies sont inégalement réparties, tantôt excédentaires comme à Biarritz (166 mm, +20 %), parfois déficitaires comme à la Roche sur Yon (55 mm, -40 %).
Les températures sont partout inférieures aux normales de 2.5° environ, mais de 1° seulement sur le pays Basque. C’est le 5 que le thermomètre affiche les températures les plus basses en bordure littorale. Il mesure ce jour là, -7.1° à la Roche sur Yon et -6.1° à Valognes.

Carte méteo mensuelle

Roses des vents en Manche, mer d'Iroise, sud Bretagne et sud Gascogne pour le mois de février 2010

  Carte méteo climato

Légende roses des vents : les roses des vents synthétisent les régimes de provenance des vents sur une période (vitesse moyenne du vent sur 10 minutes). Les vents modérés sont indiqués par la couleur bleue (10 à 20 nœuds), les vents soutenus par la couleur verte (20 à 30 nœuds), les vents forts par la couleur orange (supérieurs à 30 nœuds). Les pourcentages de vents observés par direction sont proportionnels à la longueur des segments. La fréquence des vents faibles (inférieurs à 10 nœuds) figure dans le rond blanc au centre des roses. Sur la carte grand format figurent les roses des vents observées sur la période de référence. Sur la petite carte, nous indiquons les roses des vents moyennes à cette période de l’année à titre de comparaison.

Février : nouveau mois hivernal, avant le passage de la tempête « Xynthia »

Le 1er février est encore bien frais, puis la douceur océanique revient progressivement à compter du 2 et quelques perturbations d’ouest se succèdent jusqu’au 6. Le vent souffle en grand frais ou coup de vent sur les côtes bretonnes et en entrée de Manche le 4 puis ce vent fort s’étend également aux côtes atlantiques dans la nuit du 5/6.
Des hautes pressions se développent à partir du 7 au voisinage de l’Irlande. Elles favorisent un nouveau blocage des perturbations sur l’Atlantique, des vents d’est ou de nord-est sur les côtes et une baisse sensible des températures jusqu’au 15. Quelques courtes averses de neige sont parfois observées ici où là, mais rien de bien conséquent. Les températures minimales sont négatives.
Le champ de pression est de nouveau à la baisse par le nord à compter du 15, mais on ne note pas d’épisodes venteux significatifs. Jusqu’au 20, le temps est doux en journée mais les minimales sont encore très fraîches, tout au moins près des côtes de la Manche et à la pointe de Bretagne, tandis que les gelées s’estompent peu à peu près des côtes Atlantiques.
La douceur se réinstalle partout à compter du 21 avec le retour progressif des perturbations atlantiques. Les dépressions se suivent jusqu’en fin de mois avec de nombreux grand frais ou coup de vent tant en Manche qu’en Atlantique, voire de forts coups de vent les 24 et 25 sur les côtes sud de Bretagne et en Vendée.
Une dépression très creuse remonte du sud-ouest et aborde les côtes atlantiques dans la nuit du 27 au 28 février. Elle génère des conditions de violente tempête depuis la Loire Atlantique jusqu’aux Pyrénées Atlantique. Cette tempête s’abat sur nos côtes en s’accompagnant d’une surcote océanique importante, et de fortes pluies sur la Bretagne et la Normandie.
Pour ce mois de février, les températures moyennes sont inférieures aux normales de 0.5° à 1° près des côtes de la Manche et de 1° à 1.5° à la pointe de Bretagne et le long du littoral Atlantique. Le 15, le thermomètre affiche -8.6° à la Roche-sur-Yon, -5.7° à l’île d’Yeu.
Comme en janvier, les pluies sont inégalement réparties, parfois déficitaires (-38 % à l’île d’Yeu), parfois excédentaires (+77 % à la pointe de la Hague).

Le site de Météo France : http://www.meteofrance.com

Les débits des grands fleuves

Débits des principaux fleuves
Débits des principaux fleuves de janvier 2009 à février 2010.
Courbe continue : année en cours ;
courbe pointillée : moyenne sur les 50 dernières années.

La période de janvier février correspond à la période de débits maximaux en moyenne sur le long terme. La prédominance au cours des deux derniers mois de conditions hivernales sous un flux de Nord à Est, et la relativement faible pluviométrie associée, se traduisent par des débits des fleuves se maintenant en dessous des normales saisonnières, phénomène d'autant plus marqué pour les fleuves majeurs, la Loire et la Gironde. Des pics de débit reflétant les courts épisodes dépressionnaires ont quand même lieu pour l'ensemble des fleuves, notamment pour l'Adour avec 1500 m3/s enregistrés mi-janvier. Comme observé par Météo-France, les précipitations ont été plus marquées fin février sur le nord de la zone que sur le sud, avec une remontée importante des débits de la Loire et de la Vilaine en toute fin de période. Les effets de la forte pluviométrie associée au passage de la tempête «Xynthia», qui ont provoqué d'importantes inondations en Bretagne, vont sans doute accentuer cette remontée des débits.



Caractéristiques des masses d'eau côtières

La température de surface observée par satellite

Les mois de janvier et février apparaissent très froids, surtout sur la partie nord du plateau continental. Les eaux côtières du nord du plateau, moins profondes, moins salées, et donc moins mélangées avec des eaux plus profondes et plus chaudes, sont plus sensibles au refroidissement hivernal. La carte de l’anomalie de février montre bien la zone d’influence des panaches des fleuves, marquée par des températures particulièrement basses.

La température de surface (TSM) moyenne   Anomalie mensuelle de TSM
La température de surface (TSM) moyenne
en janvier 2010
  L’anomalie mensuelle de TSM
en janvier 2010

La température de surface (TSM) moyenne   Anomalie mensuelle de TSM
La température de surface (TSM) moyenne
en février 2010
  L’anomalie mensuelle de TSM
en février 2010

La salinité de surface simulée

En janvier, les champs de salinité de surface sont globalement conformes aux moyennes mensuelles.

Salinité de surface moyenne   Salinité de surface (moyenne2001-2005)
Salinité de surface moyenne
en janvier 2010
  Salinité de surface en janvier
(moyenne 2001-2005)

En février, les débits des principaux fleuves (à l’exception de l’Adour) étant plus faibles qu’en moyenne, les salinités sont légèrement plus élevées notamment en Bretagne sud et ouest.

Salinité de surface moyenne   Salinité de surface (moyenne2001-2005)
Salinité de surface moyenne
en février 2010
  Salinité de surface en février
(moyenne 2001-2005)


Les mesures de température et de salinité in-situ RECOPESCA


Carte des températures RECOPESCA en janvier février 2010
Evolution des températures en janvier et février 2010 au large (haut) et près des côtes (bas)
Les deux figures illustrent l’évolution temporelle des températures sur le bord du plateau continental et en zone côtière.

Au large, les masses d’eau sont homogènes de la surface au fond. La température varie peu durant les premiers mois de l’année. Elle décroît de 11,8°C en début de l’année à 11,3°C fin janvier. Elle semble se réchauffer ensuite pour atteindre 11,7°C en février.

Près des côtes, les températures sont plus variables. La masse d’eau est stratifiée, les eaux les plus froides sont observées dans les premiers mètres. Le minimum est atteint fin janvier (7,8°C). Ces eaux froides sont légèrement dessalées, ce qui leur permet d’être plus légères de rester en surface. Les eaux de fond près de la côtes sont à des températures équivalentes aux eaux du large quoique légèrement plus fraîches également (10,5°C - 11°C).

De nouvelles sondes permettant de mesurer la turbidité sont en cours de développement. Un premier prototype a été réalisé en février et devrait être testé au cours de l’année sur des navires évoluant aux embouchures des grands fleuves.

Les mesures in-situ du réseau littoral ROSLIT

Sur la période janvier février 2010, l'évolution des températures mesurées par la bouée ROSLIT en baie de Vilaine peut être divisée en 4 phases.

Début Janvier a lieu un épisode froid qui se traduit par une chute brutale des températures. Puis à partir de mi-janvier le redoux explique leur hausse sensible.

A partir de début février, les températures baissent de nouveau suite au refroidissement atmosphérique. Enfin, à partir du 21 février la douceur se réinstalle et la température de l'eau ré-augmente de manière significative. Deux baisses brutales de la température de surface en fin de 2ème et 3ème phase sont à signaler, celles-ci semblent liées à un pic du débit de la Vilaine car elles sont associées à une baisse de la salinité en surface, baisse beaucoup plus marquée lors du 1er évènement que lors du 2nd.

Les valeurs anormalement basses de la salinité autour du 27 février sont vraisemblablement dues à un dysfonctionnement du capteur. L'oxygène dissous suit l'évolution inverse de la température dans le sens où sa concentration augmente quand la température baisse. En effet, une eau chaude est plus vite saturée en oxygène dissous qu'une eau plus froide.

Température dans la baie de Vilaine Salinité dans la baie de Vilaine
Evolution des mesures de la température et de la salinité en surface et au fond
dans la baie de Vilaine en janvier et février 2010


Oxygène dissous dans la baie de Vilaine
Evolution des mesures d'oxygène en surface et au fond
dans la baie de Vilaine en janvier et février 2010

L'évolution de la fluorescence est conforme aux observations satellite de chlorophylle. Dans cette zone en plein panache de la Vilaine et de la Loire, la hausse de la fluorescence fin février est la signature d'un bloom hivernal lié à un épisode de ciel clair, la lumière étant alors suffisante pour que la photosynthèse ait lieu. La turbidité évolue quant à elle au gré des coups de vent. En effet, à chaque fois que le vent augmente, les vagues alors engendrées provoquent la remise en suspension des sédiments.

Les deux épisodes les plus marqués sont tout début janvier où le vent de Nord-Est a parfois soufflé jusqu'au grand frais et fin février où déjà quelques jours avant la tempête Xynthia, le sud Bretagne connaissait de forts coups de vent.

Turbidité dans la baie de Vilaine Fluorescence dans la baie de Vilaine
Evolution des mesures de la turbidité et de fluorescence en surface et au fond
dans la baie de Vilaine en janvier et février 2010


Les matières en suspension minérales observées par satellite

En janvier et février 2010, les concentrations des matières en suspension minérales en surface augmentent de façon habituelle sous l’action des vagues générées par les tempêtes. Il s’agit donc essentiellement de remise en suspension de sédiments fins.

Concentration en surface en matière en suspension : moyenne de janvier 2010   Concentration en surface en matière en suspension : moyenne de janvier sur 10 ans
Concentration en surface de matières
en suspension minérales : moyenne en janvier 2010
  Concentration en surface de matières en
suspension : moyenne en janvier sur 10 ans
Concentration en surface en matière en suspension : moyenne en février 2010 Concentration en surface en matière en suspension : moyenne en février sur 10 ans
Concentration en surface de matières
en suspension minérales : moyenne en février 2010
  Concentration en surface de matières en
suspension : moyenne en février sur 10 ans

La production biologique

La chlorophylle de surface observée par satellite

La concentration en chlorophylle devient très faible du fait du niveau de l’ensoleillement à cette saison. La lumière est le facteur limitant de la croissance du phytoplancton en hiver. Les principales efflorescences apparaissent donc dans les eaux peu profondes ou stratifiées, comme les panaches distaux des fleuves (Vilaine, Loire, Gironde, Adour), surtout dans la deuxième quinzaine de février. Ce phénomène de production préférentielle dans les panaches des fleuves (panache au sens large, les eaux douces peuvent provenir de plusieurs fleuves côtiers) lors des mois d’hiver est particulièrement visible sur l’image de février. La production de phytoplancton au large de la Loire et de la Vilaine, légèrement accentuée, correspond aux anomalies froides de la carte de température de février. Les températures de surface particulièrement basses et la biomasse de phytoplancton supérieure caractérisent en février les panaches distaux des fleuves du Golfe de Gascogne lors des épisodes de ciel clair. La lumière étant le facteur limitant, les températures ne jouent aucun rôle, par elles-mêmes, dans le déclenchement de ces blooms hivernaux.

concentration en chlorophylle de surface. Moyenne de janvier 2010   concentration en chlorophylle de surface. Moyenne de janvier sur 10 ans.
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne de janvier 2010
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne de janvier sur 10 ans

concentration en chlorophylle de surface. Moyenne en février 2010.   concentration en chlorophylle de surface. Moyenne en février sur 10 ans.
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne en février 2010
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne en février sur 10 ans

Résultats du modèle de phytoplancton

Les conditions physico-chimiques des eaux du Golfe de Gascogne durant les mois d'hiver ne permettent pas le développement de blooms phytoplanctoniques importants : malgré des concentrations en sels nutritifs relativement fortes (débits hivernaux des fleuves importants), le faible éclairement incident, couplé aux fortes teneurs en matières en suspension (voir plus haut) et au fort brassage de la colonne d'eau, rendent les conditions de lumière incompatibles avec une production primaire importante. Le modèle sous-estime cependant encore cette faible production et donne des concentrations en chlorophylle a globalement inférieures à 0,4µg/l pendant toute la période s'étendant du 1er janvier au 15 février, ce qui est 5 à 10 fois trop faible dans les faibles fonds (seules la baie de Douarnenez et la Rade de Brest montrent des chlorophylles simulées du même niveau que celles observées par le satellite).
Vers le 20 février, les simulations montrent l'apparition simultanée de deux blooms de diatomées, l'un en bordure du panache de la Gironde et l'autre en bordure de celui de la Loire, ce que semblent corroborer les observations satellitaires.
 


Cartes de Chlorophylle simulée et observée le 20 février 2010
Chlorophylle de surface simulée                      Observation satellite interpolée MERIS/MODIS
du 20 février 2010                                                            du 20 février 2010

En savoir plus :   www.previmer.org/previsions/production_primaire
test

Rappel des objectifs du  projet  PREVIMER

Le bulletin PREVIMER vous apporte une description synthétique de l’état physique et biologique de l’océan côtier ; il est une aide à la compréhension du milieu pour les acteurs du littoral et de la pêche. Le projet PREVIMER concerne les façades Atlantique, Manche et Méditerranée mais ce bulletin décrit essentiellement le Golfe de Gascogne.

Les conditions météorologiques, les marées, la circulation à grande échelle et les apports fluviaux sont les principaux moteurs des courants marins ; ils déterminent également l’hydrologie (température et  salinité) des eaux côtières. Ces paramètres physiques varient dans le temps, de l’échelle de l’heure pour la marée au rythme saisonnier pour le réchauffement ou les débits des rivières et ils évoluent d’une année à l’autre. Des variations générées dans la circulation, les températures et la salinité peuvent être plus ou moins fortes selon les années.

Cette variabilité physique, ainsi que les conditions d’éclairement et les apports fluviaux en sels nutritifs, influencent fortement la production primaire. Celle-ci, essentiellement liée au développement du phytoplancton en domaine pélagique, supporte l’ensemble de la chaîne alimentaire jusqu’aux espèces marines exploitées dont elles expliquent une part des variabilités spatio-temporelles.
Ce bulletin fournit une vision synthétique, sur une base mensuelle, des connaissances de l’environnement côtier issues des observations et des simulations. Il s’attache à mettre en évidence les anomalies par rapport à la situation moyenne. Enfin, une rubrique est consacrée aux événements océanographiques remarquables observés au cours du mois, ainsi qu’à leurs éventuelles implications environnementales ou halieutique.

 
Les moyens d’observations
et de prévisions de l’état des mers côtières

La recherche océanographique met en œuvre un ensemble d’outils d’observations et de simulations. Les observations sont opérées par satellites ou par des mesures en mer. Quant aux simulations, elles sont effectuées par des modèles numériques qui permettent de combler les manques d’observations et d’accéder à la prévision.

Les données satellite

Les données satellite utilisées pour ce bulletin sont de sources multiples. La température de surface (SST) est issue de l'analyse multi-capteurs ODYSEA réalisée à Ifremer par le CERSAT.
L'anomalie de SST est calculée à partir d'une climatologie réalisée en 2008 par Ifremer en utilisant les données de l'AVHRR (Advanced Very High Resolution Radiometer) de 1986 à 2006.
Les données de couleur de l'eau sont obtenues à partir du capteur MODIS, embarqué sur le satellite américain AQUA et du capteur MERIS de la plateforme européenne ENVISAT. Les algorithmes utilisés pour le traitement de la couleur de l’eau ont été développés au sein d'Ifremer et permettent de restituer les concentrations en chlorophylle-a (Chl-a, pigment assurant la photosynthèse) et en matières en suspension minérales ou totales (MES), dans la couche de surface de la mer (d'un mètre à une vingtaine de mètres selon la  turbidité).
Les climatologies mensuelles de Chl-a et MES ont été calculées à partir des données traitées par Ifremer entre 1998 et 2007. La résolution des produits satellite utilisés pour ce bulletin est de 1 km pour les données de couleur de l'eau et de 2 km pour les données de températures.

Consulter les images journalières : www.ifremer.fr/nausicaa/gascogne/index.htm

Les mesures in situ

Les données in-situ utilisées dans ce bulletin PREVIMER sont issues des projets ROSLIT et RECOPESCA conduits par Ifremer et du réseau CANDHIS de mesure de la houle coordonné par le CETMEF.

Le projet ROSLIT gère les stations de mesure MAREL implantées dans les grands estuaires et près du littoral. Les principales mesures effectuées sont la température, la salinité, l'oxygène dissous, la turbidité et la chlorophylle. Ces mesures sont utilisées pour l'étude des bouchons vaseux en estuaire et des blooms phytoplanctoniques littoraux, pour des études d'impact et pour la surveillance de la qualité des eaux. Les données sont acquises et gérées sous assurance qualité, ce qui permet de mettre à disposition des utilisateurs en quasi temps réel des données qualifiées et validées.

Le projet RECOPESCA repose sur le déploiement de capteurs sur les engins de pêche et à bord des navires de patrons pêcheurs volontaires, représentatifs de l'ensemble des métiers pratiqués. Ces capteurs collectent des données sur l'effort de pêche ainsi que des paramètres environnementaux tels que la température et la salinité en fonction de la profondeur. Ainsi, à chaque mise à l’eau d’engins de pêche, un profil vertical de température et salinité de l’eau de mer est mesuré entre la surface et le fond. Ces mesures sont transmises automatiquement en temps quasi réel au centre de données Coriolis qui valide les données, les diffuse et en assure la sauvegarde.

Le réseau CANDHIS : http://www.cetmef.equipement.gouv.fr/donnees/candhis/home.htm

Les modèles

Bathymétrie des façades Manche, Atlantique et Méditerranée
Bathymétrie des façades Manche, Atlantique et Méditerranée

Les modèles dont les résultats sont présentés dans ce bulletin sont de deux types.

D’une part, le modèle hydrodynamique permet une description physique complète de l’océan (courants, température, salinité) par la résolution numérique des équations de la mécanique des fluides. Une climatologie des résultats a été construite grâce à la simulation des années 2001 à 2006. Elle permet de décrire la situation moyenne.

D’autre part, le modèle d’écosystème pélagique, qui est couplé au modèle hydrodynamique, permet de prévoir les concentrations de nutriments et de plancton. Son principe est de représenter mathématiquement les transformations cycliques subies dans le milieu marin par les sels nutritifs (azote, phosphore, silicium) nécessaires à la production du phytoplancton représenté par trois groupes : les diatomées, les dinoflagellés, et les petites formes appelées nanoflagellés.

Ces modèles couplés sont activés quotidiennement dans le cadre de PREVIMER et les résultats sont consultables sur www.previmer.org. Bien que validés pour certains aspects de la dynamique, ils ne sont toutefois pas encore en mesure de donner une description parfaitement fidèle de la situation. Les travaux de recherche en cours sur la description et la compréhension des processus physiques et biologiques, ainsi que sur la modélisation numérique, permettent de progresser.
Dans un proche avenir, l’assimilation des données d’observations dans les modèles les rendra encore plus fiables.

Glossaire
test

Coccolithophoridés  : algues unicellulaires. Chaque cellule vivante (coccosphère) est entourée d’un test de forme sphérique (5 à 35 µm de diamètre environ) constitué d'un assemblage de plaquettes calcaires (et - ou aragonitiques) appelées " coccolithes ". A la mort de l'algue, le squelette tombe vers le fond ; les coccolithes se dissocient et s'accumulent pour constituer le composant majeur des boues crayeuses.

Diatomées : algues microscopiques unicellulaires, marines ou lacustres, à coque siliceuse. Cette coque est souvent finement ornementée.

Dinoflagellés : ce sont des organismes phytoplanctoniques des eaux marines ou saumâtres. Ils sont constitués par une grosse cellule, entourée le plus souvent par une structure membranaire comprenant une coque cellulosique formée de deux valves séparées transversalement par un sillon ; ils possèdent généralement deux flagelles dont les battements leur permettent de se déplacer dans l'eau. 

Distal : par opposition à proximal, se dit de la partie la plus éloignée d'un point de référence (ici la sortie de l’estuaire d’un fleuve, point de départ du panache de dilution du fleuve en mer)..

Halieutique : science de la pêche et des pêcheurs. Adjectif : qui a trait à la pêche et aux pêcheurs.

Nanoflagellés : ensemble des flagellés dont la taille est comprise entre 2 et 20 microns.

Pélagique : organisme vivant en pleine eau .

Salinité : poids en grammes de résidu solide contenu dans un kilogramme d'eau de mer quand tous les carbonates ont été transformés en oxydes, le brome et l'iode remplacés par une quantité équivalente de chlorures, et que toute la matière organique a été complètement oxydée. 

Turbidité : caractère d'une eau dont la transparence est limitée par la présence de matières solides en suspension.

Upwelling : remontée vers la surface des eaux océaniques profondes le long de certains littoraux.

Bulletin d’information PREVIMER n°12 - janvier-février 2010
PREVIMER, Océanographie Côtière Opérationnelle
Ifremer – BP 70 - 29280 PLOUZANE cedex - France
Info@previmer.org
www.previmer.org
Equipe de rédaction : P. Lazure, M. Huret, F. Gohin, A. Menesguen, F. Lecornu,
P.-Y. Le Traon, P. Thomin, P. Jegou (Ifremer),
F. Baraer, G. Corre (Météo-France), S. Louazel (SHOM)