Bulletin d'informations de PREVIMER - Mai Juin 2009 - N° 8
 
BULLETIN D’INFORMATIONS DE PREVIMER - MAI-JUIN 2009 - N° 8
  mai juin 2009 n°8
Bulletin PREVIMER
Sommaire

Météo et débits des fleuves

Caractéristiques des  masses d'eau côtières

Production biologique

Faits marquants

Rappel des objectifs du bulletin PREVIMER

Les moyens d’observations et de prévisions de l'état des mers côtières

Glossaire

 
MAI-JUIN 2009 EN BREF

Beau temps en juin
le mois de juin est un des plus chauds depuis 60 ans

Des eaux plus chaudes edn juin
en surface températures supérieures aux normales saisonnières


Stratifications des masses d'eau
Elles se généralisent début juin

Efflorescences importantes
au large en mai

L'IMAGE

La bouée directionnelle de mesure de houle PREVIMER intégrée au réseau d’observation CANDHIS du CETMEF a été remplacée en mai. Les comparaisons modèles-mesures seront bientôt disponibles en ligne.
   
TOUTE L’INFO SUR WWW.PREVIMER.ORG
  

Observations et prévisions côtières

Courants

Températures et salinité

Vagues

Niveaux de la mer

Production primaire

Météo et débits des fleuves

Météo

Carte méteo mai 2009

Roses des vents en Manche, mer d'Iroise, sud Bretagne et sud Gascogne pour le mois de mai 2009

  Carte méteo climato en mai

Légende roses des vents : les roses des vents synthétisent les régimes de provenance des vents sur une période (vitesse moyenne du vent sur 10 minutes). Les vents modérés sont indiqués par la couleur bleue (10 à 20 nœuds), les vents soutenus par la couleur verte (20 à 30 nœuds), les vents forts par la couleur orange (supérieurs à 30 nœuds). Les pourcentages de vents observés par direction sont proportionnels à la longueur des segments. La fréquence des vents faibles (inférieurs à 10 nœuds) figure dans le rond blanc au centre des roses. Sur la carte grand format figurent les roses des vents observées sur la période de référence. Sur la petite carte, nous indiquons les roses des vents moyennes à cette période de l’année à titre de comparaison.

Mois de mai : doux mais plus orageux que d’habitude

Une dorsale anticyclonique axée sur la Bretagne résiste pendant la première semaine et atténue les passages pluvieux sur notre pays. A partir du 8 mai, une zone dépressionnaire va gagner le Golfe de Gascogne et favoriser deux épisodes orageux, du 9 au 17 et du 23 au 27. L’anticyclone reprend ensuite franchement ses droits avec un temps sec et ensoleillé.

Les situations orageuses ont provoqué des excédents de température de 1 à 2°C, pour les maximales sur le Nord et l’Aquitaine, pour les minimales au sud de la Charente. Ailleurs les valeurs moyennes sont proches des normales ou légèrement supérieures (7 jours d’orage à Biarritz contre 4 habituellement).
Les zones les plus arrosées sont la Normandie et le pays Basque avec près de 100mm, la Bretagne et le Nord, plus épargnés par les orages, sont nettement déficitaires avec -40% à –30% de la normale.

Le soleil a souvent été généreux principalement en fin de mois. Le bilan mensuel est partout positif sauf au nord de la Seine à cause des brumes tenaces et près des Pyrénées où les nuages étaient plus présents.

Le vent a soufflé sans excès pendant ce mois, les plus fortes rafales ont été souvent enregistrées sous les orages, notamment le 11 mai. Les différentes roses traduisent l’importance des effets de la brise thermique en cette saison.

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Carte méteo juin 2009

Roses des vents en Manche, mer d'Iroise, sud Bretagne et sud Gascogne pour le mois de juin 2009

  Carte méteo climato en juin

Légende roses des vents : les roses des vents synthétisent les régimes de provenance des vents sur une période (vitesse moyenne du vent sur 10 minutes). Les vents modérés sont indiqués par la couleur bleue (10 à 20 nœuds), les vents soutenus par la couleur verte (20 à 30 nœuds), les vents forts par la couleur orange (supérieurs à 30 nœuds). Les pourcentages de vents observés par direction sont proportionnels à la longueur des segments. La fréquence des vents faibles (inférieurs à 10 nœuds) figure dans le rond blanc au centre des roses. Sur la carte grand format figurent les roses des vents observées sur la période de référence. Sur la petite carte, nous indiquons les roses des vents moyennes à cette période de l’année à titre de comparaison.

Mois de juin : l’été est bien au rendez-vous

Les hautes pressions maintiennent un temps sec et ensoleillé jusqu’au 5 juin, ensuite un système dépressionnaire s’installe sur notre pays et favorise les passages pluvieux parfois orageux. A partir du 17, l’anticyclone va se renforcer sur le proche Atlantique : c’est le début de l’été, le beau temps s’installe partout, même si les passages nuageux matinaux restent parfois plus tenaces sur les côtes de la Manche.

La moyenne des températures maximales est à nouveau supérieure aux normales de 1 à 2°C (un peu en deçà de l’année 1976, juin 2009 fait partie des 10 mois de juin les plus chauds de ces 60 dernières années). La moyenne des températures minimales est restée proche de la normale mensuelle (+0.5°C).

Si l’on excepte la période du 5 au 17 où se sont produites la majeure partie des précipitations, le mois de juin est plutôt sec.
Au nord de la Vendée, l’épisode pluvieux principal se situe entre le 5 et le 10 et à produit près de 75% de la pluviométrie normale d’un mois de juin. On notera cependant quelques épisodes orageux très localisés en fin de mois.

Le soleil a été très présent jusqu’au 5 mais surtout en deuxième partie de mois pour souligner l’arrivée de l’été. L’ensoleillement de la dernière décade est excédentaire de 20 à 40%.

Pas de renforcement majeur du vent, les régimes thermiques sont restés prédominants (valeur maximale, 86 km/h à l’Ile d’Yeu le 10).

Le site de Météo France : http://www.meteofrance.com


Les débits des grands fleuves

Débits des principaux fleuves
Débits des principaux fleuves de mai 2008 à juin 2009.
Courbe continue : année en cours ;
courbe pointillée : moyenne sur les 50 dernières années.

Après les faibles débits de fin d'hiver et début de printemps pour les 4 principaux fleuves de la façade atlantique, le retour à des valeurs plus proches des normales saisonnières à partir de fin avril se confirme en mai.
Ensuite, la tendance à la baisse jusque fin juin suit les valeurs moyennes, sauf pour l'Adour qui présente des niveaux assez bas en juin.
Le pic de débit de fin avril à début mai, ainsi que les débits cumulés sur le printemps, sont finalement peu élevés cette année par rapport à l'année dernière.


Caractéristiques des masses d'eau côtières

La température de surface observée par satellite

A partir de fin février, les températures de surface, basses jusqu’alors, ont amorcé une remontée rapide qui s’est poursuivie jusqu’en juin.

Les températures sont nettement plus élevées que la moyenne sauf dans les zones de grande inertie thermique : ce sont les régions où la turbulence est particulièrement forte du fait de l’intensité du courant de marée ou de l’activité des upwellings (remontée d'eau froide et salée à la côte), comme en mer d’Iroise, à l’entrée Sud de la Manche et au Nord Ouest de l’Espagne.

L’amplitude du réchauffement et sa disparité géographique sont particulièrement nettes en juin.

La température de surface (TSM) moyenne en mai 2009   Anomalie mensuelle de TSM en mai 2009
La température de surface (TSM) moyenne
en mai 2009
  L’anomalie mensuelle de TSM
en mai 2009

La température de surface (TSM) moyenne en juin 2009   Anomalie mensuelle de TSM en juin 2009
La température de surface (TSM) moyenne
en juin 2009
  L’anomalie mensuelle de TSM
en juin 2009

La salinité de surface simulée

En mai, les vents de Nord Ouest plus fréquents que la moyenne ont accrus l'extension des panaches vers le large. L'influence du panache de la Gironde atteint alors 4°Ouest. Ces panaches auront une influence sur les répartitions de Chlorophylle (voir rubrique production biologique).

Salinité de surface moyenne en mai 2009   Salinité de surface en mai (moyenne 1998-2004)
Salinité de surface moyenne
en mai 2009
  Salinité de surface en mai
(moyenne 1998-2004)

En juin, les vents de Nord ont été fréquents et ont provoqué des upwellings le long de la côte des Landes comme en témoigne la virgule plus salée au large du bassin d'Arcachon. L'extension vers le large des eaux sous l'influence des apports des grands fleuves (donc moins salées) reste plus importante qu'en moyenne.

Salinité de surface moyenne en juin 2009   Salinité de surface en juin (moyenne 1998-2004)
Salinité de surface moyenne
en juin 2009
  Salinité de surface en juin
(moyenne 1998-2004)

Les mesures de température et de salinité in-situ RECOPESCA

Carte des profils RECOPESCA

Les mesures du réseau RECOPESCA en différentes régions de la façade Atlantique nous permettent de décrire l’évolution en profondeur des températures et par conséquent, en cette saison, le développement de la stratification estivale.

-1- A l’entrée Nord de la Manche, les eaux de surface commencent à se réchauffer à partir du 25 mai. A la fin du mois de juin les eaux de surface atteignent 16.8°C. Au-delà de 30m de profondeur les eaux sont homogènes et leur température est d’environ 12°C. Cette zone est l’un des rares secteurs de la Manche où les courants de marée sont assez faibles pour permettre cette stratification. Ailleurs dans la Manche, les forts courants de marée induisent un mélange important qui brasse en permanence les eaux de la surface au fond.

-2- Au large du Finistère, à proximité du talus, le réchauffement printanier se fait sentir sur des profondeurs plus importantes. Le mélange induit par les ondes internes limite le réchauffement des eaux superficielles et augmente l’épaisseur de la couche de surface. Fin juin, les eaux de surface restent toujours inférieures à 15°C, par contre par des profondeurs de 50m, la température s’est également élevée et dépasse 13°C.

Cartes des profils de température récoltés par le réseau RECOPESCA :
- en Manche (1),
- près du talus continental (2),
- au sud de Penmarch (3) et
- au nord du bassin d’Arcachon (4).

-3- Au large de Penmarch, le réchauffement est plus précoce qu’en entrée de Manche, il débute vers le 10 mai et reste confiné aux 40 premiers mètres. La température des eaux de fond (> 50m) reste constante autour de 10,5-10,6°C. C’est dans ce secteur que les eaux de fond sont les plus froides du plateau continental durant l’été.

-4- Dans une bande très côtière au nord du bassin d’Arcachon, le réchauffement a débuté avant le mois de mai. Malgré les faibles profondeurs, on observe la mise en place d’une stratification. En effet, les courants de marée sont trop modérés dans ce secteur au large du bassin pour engendrer du mélange dans la tranche d’eau. Dans cette région, les eaux de surface dépassent 19°C à la fin du mois de juin.
Carte des températures RECOPESCA en Manche
Carte des températures RECOPESCA près du talus continentalCarte des températures RECOPESCA au sud de PenmarchCarte des températures RECOPESCA au Nord du bassin d'Arcachon
Profils de température en fonction du temps, en Manche (1), près du talus continental (2), au sud de Penmarch (3) et au nord du bassin d’Arcachon (4).

Les mesures in-situ du réseau littoral ROSLIT

Les températures en baie de Vilaine révèlent le passage au régime estival. A partir de la mi-mai, les températures augmentent ; la température de surface devient plus forte que celle de fond et atteint 20°C à la fin du mois de juin. Par contre, deux épisodes de vents soutenus (> 20 nœuds) du 15 au 18 mai et du 9 au 10 juin provoquent un mélange vertical rapide des eaux qui rompent provisoirement cette stratification.

Les salinités de surface sont toujours inférieures à celles du fond liées : les eaux douces issues de la Vilaine, plus légères, se répandent en surface.

Début mai, les turbidités de surface montrent deux pics qui correspondent à des crues fugaces de la Vilaine dont témoignent les baisses de salinités de surface. Plus tard, l'effet des deux coups de vent des 17 mai et 10 juin est particulièrement apparent sur les valeurs de la turbidité. En effet, un fort clapot induit près du fond des courants alternatifs forts qui remettent en suspension les sédiments fins.

Température dans la baie de Vilaine Salinité dans la baie de Vilaine
Evolution de la température et de la salinité en surface et au fond
dans la baie de Vilaine en mai et juin 2009

Turbidité dans la baie de Vilaine Oxygène dissous dans la baie de Vilaine
Evolution de la turbidité et de l’oxygène dissous en surface et au fond
dans la baie de Vilaine en mai et juin 2009

On observe ce printemps une répartition verticale caractéristique de l’oxygène dissous en zone côtière lors de la stratification et de l’enrichissement en sels nutritifs par les apports fluviaux. Dès que la colonne d'eau est stratifiée en 2 couches, le phytoplancton se développe intensément dans la couche supérieure éclairée et riche en nutriments amenés par l'eau douce des fleuves ; la photosynthèse très active dégage alors dans cette couche de surface beaucoup d'oxygène, qui met d’autant plus de temps à dégazer vers l'atmosphère que la mer est calme, d'où les fortes sursaturations de surface en oxygène observées vers le 13 mai, le 4 juin et après le 18 juin.

Dans ces conditions, le phytoplancton produit en surface est constitué de diatomées qui sédimentent naturellement par leur densité. Un flux de matière organique tombe alors dans la couche de fond, trop obscure pour autoriser la continuation de la photosynthèse. Il s’en suit une forte activité microbienne de dégradation aérobie, qui consomme rapidement l'oxygène dissous dans la couche de fond. Ceci explique la descente progressive de l'oxygène de fond vers des sous-saturations avoisinant les 50% en fin juin.

Les mélanges verticaux dus aux coups de vents homogénéisent à nouveau les concentrations de surface et de fond en les ramenant à la valeur de dissolution purement physique de l'oxygène (sans intervention du compartiment biologique), soit environ 7,5 mg/litre d'oxygène dissous pour la température et la salinité du moment (épisode du 8 au 11 juin 2009).

Les matières en suspension minérales observées par satellite

En mai et juin les concentrations de matières en suspension minérales sont de plus en plus faibles et proches des normales saisonnières. A noter parmi les matières en suspension la présence de nombreuses plaques de calcite au large de la Bretagne en mai due à une efflorescence particulièrement forte de coccolithophoridés (comme cela avait déjà été signalé en avril). 

Concentration en surface en matière en suspension : moyenne de mai 2009   Concentration en surface en matière en suspension : moyenne de mai sur 10 ans
Concentration en surface de matières
en suspension minérales : moyenne en mai 2009
  Concentration en surface de matières en
suspension : moyenne en mai sur 10 ans
Concentration en surface en matière en suspension : moyenne en juin 2009 Concentration en surface en matière en suspension : moyenne de juin sur 10 ans
Concentration en surface de matières
en suspension minérales : moyenne en juin 2009
  Concentration en surface de matières en
suspension : moyenne en juin sur 10 ans

La production biologique

La chlorophylle de surface observée par satellite

La concentration en chlorophylle augmente régulièrement conformément au rythme saisonnier moyen. Les efflorescences sont particulièrement importantes au large en mai. Elles correspondent plus ou moins aux masses importantes de matières en suspension caractéristiques des coccolithophoridé2009_07_03_plan_implementation_SNOCO.docs déjà signalées.
Les niveaux atteints peuvent être assez élevés en sud Bretagne en mai. Ce même mois les panaches de la Gironde et de l’Adour nourrissent un phytoplancton abondant très au large.

Les concentrations observées en juin sont conformes aux moyennes mensuelles.

concentration en chlorophylle de surface. Moyenne de mai 2009   concentration en chlorophylle de surface. Moyenne de mai sur 10 ans.
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne de mai 2009
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne de mai sur 10 ans

concentration en chlorophylle de surface. Moyenne en juin 2009.   concentration en chlorophylle de surface. Moyenne en juin sur 10 ans.
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne en juin 2009
Concentration en chlorophylle de surface :
moyenne en juin sur 10 ans

Résultats du modèle de phytoplancton

Durant tout le mois de mai, le modèle montre une importante biomasse phytoplanctonique dans une bande quasi-continue allant des Landes au sud-Finistère, constituée presqu’exclusivement de diatomées.

Même si les valeurs côtières simulées sont régulièrement exagérées par rapport aux valeurs estimées par télédétection satellitaire, le modèle traduit bien la très forte production phytoplanctonique de mai 2009, particulièrement dans les panaches de la Loire et de la Gironde, mais aussi au large de la Mer d’Iroise.

Chlorophylle de surface calculée par le modèle le 22 mai 2009   Chlorophylle de surface observée par satellite le 22 mai 2009
Chlorophylle de surface calculée par le modèle le 22 mai 2009   Chlorophylle de surface observée par satellite le 22 mai 2009

Après une courte diminution des biomasses phytoplanctoniques côtières observée en début juin par le satellite, la situation de juin revient à une allure similaire à celle de mai, avec une très nette prolifération des diatomées dans la bande côtière directement enrichie par les fleuves, mais aussi l’apparition, selon le modèle, de dinoflagellés plus au large, sur la partie la plus occidentale du plateau continental, entre les latitudes des estuaires de la Gironde et de la Loire.

Chlorophylle de surface calculée par le modèle le 21 juin 2009   Chlorophylle de surface observée par satellite le 21 juin 2009
Chlorophylle de surface calculée par le modèle le 21 juin 2009   Chlorophylle de surface observée par satellite le 21 juin 2009


En savoir plus :   www.previmer.org/previsions/production_primaire
test
Faits marquants
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 La campagne PELGAS 2009

La La campagne halieutique PELGAS (PELagiques GAScogne) s'est déroulée du 26 avril au 5 juin à bord du navire de l’Ifremer La Thalassa. Son objectif premier est l'évaluation de la biomasse des petits pélagiques du golfe de Gascogne dont l'anchois. Mais c'est l'écosystème dans son ensemble qui est étudié, de la température et des courants jusqu'aux prédateurs supérieurs, en passant par le plancton et l'abondance de poissons estimée en combinant mesures acoustiques et chalutages. Pour la seconde année consécutive, des professionnels, bolincheurs et chalutiers, ont accompagné les scientifiques au cours de la campagne, permettant d'améliorer l'échantillonnage notamment dans certaines zones très côtières peu accessibles par la Thalassa.

Parmi le plancton, on trouve les œufs de sardines et d'anchois. Pour ce dernier, mai est au cœur de la saison de ponte. L'échantillonnage des œufs se fait à l'aide du CUFES (Continuous Underwater Fish Eggs Sampler), système de pompage et de filtration en continu installé à bord. Cette donnée d'abondance des œufs est un indicateur de présence d'adultes au cours de la campagne, et sert également à alimenter les modèles d'habitat de ponte des différentes espèces en fonction des paramètres environnementaux physiques et biologiques.

Pour 2009, l'abondance des œufs d'anchois et de sardines est proche des valeurs moyennes obtenues sur la série des campagnes réalisées depuis 2000. Pour l'anchois, elle était classiquement la plus forte sur le plateau des Landes. A noter cependant que cette année, les valeurs maximales se sont éloignées de la côte par rapport à la situation moyenne. Des maxima sont également repérés en bordure du panache de la Gironde. La présence d’œufs est aussi révélée dans les différentes baies le long de la côte (Pertuis, Bourgneuf, Douarnenez), parfois en faible proportion et en diminution vers le nord.
Pour la sardine, on remarque une forte abondance des œufs le long de la côte, du pays Basque à la pointe bretonne. Contrairement aux années précédentes, l'abondance des œufs observée au large, au dessus des accores (bordure du plateau continental), est très faible.

                     

 

Cartes de distribution des œufs d'anchois obtenus à l'aide du CUFES et des comptages réalisés au cours de la campagne PELGAS

Cartes de distribution des œufs de sardines obtenus à l'aide du CUFES et des comptages réalisés au cours de la campagne PELGAS

Cartes de distribution des œufs d'anchois (en haut) et de sardines (en bas) obtenues à l'aide du CUFES et des comptages réalisés au cours de la campagne PELGAS
 
Rappel des objectifs du  projet  PREVIMER

Le bulletin PREVIMER vous apporte une description synthétique de l’état physique et biologique de l’océan côtier ; il est une aide à la compréhension du milieu pour les acteurs du littoral et de la pêche. Le projet PREVIMER concerne les façades Atlantique, Manche et Méditerranée mais ce bulletin décrit essentiellement le Golfe de Gascogne.

Les conditions météorologiques, les marées, la circulation à grande échelle et les apports fluviaux sont les principaux moteurs des courants marins ; ils déterminent également l’hydrologie (température et  salinité) des eaux côtières. Ces paramètres physiques varient dans le temps, de l’échelle de l’heure pour la marée au rythme saisonnier pour le réchauffement ou les débits des rivières et ils évoluent d’une année à l’autre. Des variations générées dans la circulation, les températures et la salinité peuvent être plus ou moins fortes selon les années.

Cette variabilité physique, ainsi que les conditions d’éclairement et les apports fluviaux en sels nutritifs, influencent fortement la production primaire. Celle-ci, essentiellement liée au développement du phytoplancton en domaine pélagique, supporte l’ensemble de la chaîne alimentaire jusqu’aux espèces marines exploitées dont elles expliquent une part des variabilités spatio-temporelles.
Ce bulletin fournit une vision synthétique, sur une base mensuelle, des connaissances de l’environnement côtier issues des observations et des simulations. Il s’attache à mettre en évidence les anomalies par rapport à la situation moyenne. Enfin, une rubrique est consacrée aux événements océanographiques remarquables observés au cours du mois, ainsi qu’à leurs éventuelles implications environnementales ou halieutique.

 
Les moyens d’observations
et de prévisions de l’état des mers côtières

La recherche océanographique met en œuvre un ensemble d’outils d’observations et de simulations. Les observations sont opérées par satellites ou par des mesures en mer. Quant aux simulations, elles sont effectuées par des modèles numériques qui permettent de combler les manques d’observations et d’accéder à la prévision.

Les données satellite

Les données satellite utilisées pour ce bulletin sont de sources multiples. La température de surface (SST) est issue de l'analyse multi-capteurs ODYSEA réalisée à Ifremer par le CERSAT.
L'anomalie de SST est calculée à partir d'une climatologie réalisée en 2008 par Ifremer en utilisant les données de l'AVHRR (Advanced Very High Resolution Radiometer) de 1986 à 2006.
Les données de couleur de l'eau sont obtenues à partir du capteur MODIS, embarqué sur le satellite américain AQUA et du capteur MERIS de la plateforme européenne ENVISAT. Les algorithmes utilisés pour le traitement de la couleur de l’eau ont été développés au sein d'Ifremer et permettent de restituer les concentrations en chlorophylle-a (Chl-a, pigment assurant la photosynthèse) et en matières en suspension minérales ou totales (MES), dans la couche de surface de la mer (d'un mètre à une vingtaine de mètres selon la  turbidité).
Les climatologies mensuelles de Chl-a et MES ont été calculées à partir des données traitées par Ifremer entre 1998 et 2007. La résolution des produits satellite utilisés pour ce bulletin est de 1 km pour les données de couleur de l'eau et de 2 km pour les données de températures.

Consulter les images journalières : www.ifremer.fr/nausicaa/gascogne/index.htm

Les mesures in situ

Les données in-situ utilisées dans ce bulletin PREVIMER sont issues des projets ROSLIT et RECOPESCA conduits par Ifremer et du réseau CANDHIS de mesure de la houle coordonné par le CETMEF.

Le projet ROSLIT gère les stations de mesure MAREL implantées dans les grands estuaires et près du littoral. Les principales mesures effectuées sont la température, la salinité, l'oxygène dissous, la turbidité et la chlorophylle. Ces mesures sont utilisées pour l'étude des bouchons vaseux en estuaire et des blooms phytoplanctoniques littoraux, pour des études d'impact et pour la surveillance de la qualité des eaux. Les données sont acquises et gérées sous assurance qualité, ce qui permet de mettre à disposition des utilisateurs en quasi temps réel des données qualifiées et validées.

Le projet RECOPESCA repose sur le déploiement de capteurs sur les engins de pêche et à bord des navires de patrons pêcheurs volontaires, représentatifs de l'ensemble des métiers pratiqués. Ces capteurs collectent des données sur l'effort de pêche ainsi que des paramètres environnementaux tels que la température et la salinité en fonction de la profondeur. Ainsi, à chaque mise à l’eau d’engins de pêche, un profil vertical de température et salinité de l’eau de mer est mesuré entre la surface et le fond. Ces mesures sont transmises automatiquement en temps quasi réel au centre de données Coriolis qui valide les données, les diffuse et en assure la sauvegarde.

Le réseau CANDHIS : http://www.cetmef.equipement.gouv.fr/donnees/candhis/home.htm

Les modèles

Bathymétrie des façades Manche, Atlantique et Méditerranée
Bathymétrie des façades Manche, Atlantique et Méditerranée

Les modèles dont les résultats sont présentés dans ce bulletin sont de deux types.

D’une part, le modèle hydrodynamique permet une description physique complète de l’océan (courants, température, salinité) par la résolution numérique des équations de la mécanique des fluides. Une climatologie des résultats a été construite grâce à la simulation des années 2001 à 2006. Elle permet de décrire la situation moyenne.

D’autre part, le modèle d’écosystème pélagique, qui est couplé au modèle hydrodynamique, permet de prévoir les concentrations de nutriments et de plancton. Son principe est de représenter mathématiquement les transformations cycliques subies dans le milieu marin par les sels nutritifs (azote, phosphore, silicium) nécessaires à la production du phytoplancton représenté par trois groupes : les diatomées, les dinoflagellés, et les petites formes appelées nanoflagellés.

Ces modèles couplés sont activés quotidiennement dans le cadre de PREVIMER et les résultats sont consultables sur www.previmer.org. Bien que validés pour certains aspects de la dynamique, ils ne sont toutefois pas encore en mesure de donner une description parfaitement fidèle de la situation. Les travaux de recherche en cours sur la description et la compréhension des processus physiques et biologiques, ainsi que sur la modélisation numérique, permettent de progresser.
Dans un proche avenir, l’assimilation des données d’observations dans les modèles les rendra encore plus fiables.

Glossaire
test

Bolincheurs :  bateaux de 12 à 18 m qui pêchent essentiellement la sardine dans le golfe de Gascogne avec des sennes d'environ 300 m de long.

Coccolithophoridés  : algues unicellulaires. Chaque cellule vivante (coccosphère) est entourée d’un test de forme sphérique (5 à 35 µm de diamètre environ) constitué d'un assemblage de plaquettes calcaires (et - ou aragonitiques) appelées " coccolithes ". A la mort de l'algue, le squelette tombe vers le fond ; les coccolithes se dissocient et s'accumulent pour constituer le composant majeur des boues crayeuses.

Diatomées : algues microscopiques unicellulaires, marines ou lacustres, à coque siliceuse. Cette coque est souvent finement ornementée.

Dinoflagellés : ce sont des organismes phytoplanctoniques des eaux marines ou saumâtres. Ils sont constitués par une grosse cellule, entourée le plus souvent par une structure membranaire comprenant une coque cellulosique formée de deux valves séparées transversalement par un sillon ; ils possèdent généralement deux flagelles dont les battements leur permettent de se déplacer dans l'eau. 

Distal : par opposition à proximal, se dit de la partie la plus éloignée d'un point de référence (ici la sortie de l’estuaire d’un fleuve, point de départ du panache de dilution du fleuve en mer)..

Halieutique : science de la pêche et des pêcheurs. Adjectif : qui a trait à la pêche et aux pêcheurs.

Nanoflagellés : ensemble des flagellés dont la taille est comprise entre 2 et 20 microns.

Pélagique : organisme vivant en pleine eau .

Salinité : poids en grammes de résidu solide contenu dans un kilogramme d'eau de mer quand tous les carbonates ont été transformés en oxydes, le brome et l'iode remplacés par une quantité équivalente de chlorures, et que toute la matière organique a été complètement oxydée. 

Turbidité : caractère d'une eau dont la transparence est limitée par la présence de matières solides en suspension.

Upwelling : remontée vers la surface des eaux océaniques profondes le long de certains littoraux.

Bulletin d’information PREVIMER n°8 - mai-juin 2009
PREVIMER, Océanographie Côtière Opérationnelle
Ifremer – BP 70 - 29280 PLOUZANE cedex - France
Info@previmer.org
www.previmer.org
Equipe de rédaction : P. Lazure, M. Huret, F. Gohin, A. Menesguen,  F. Lecornu,
Y.-H. De Roeck, J. Legrand, P. Thomin, Y. Aoustin, P. Jegou (Ifremer),
F. Baraer, M. Le Stum (Météo-France), F. Ardhuin, S. Louazel (SHOM)